Plaidoyer pour le financement climatique : WEP Burkina renforce les capacités de la société civile

Les 12 et 13 juin 2026, la salle de conférence de la Fédération des Églises et Missions Évangéliques (FEME) de Ouagadougou a accueilli un atelier de renforcement des capacités en plaidoyer, organisé par Women Environmental Programme Burkina Faso (WEP Burkina). Une trentaine d’organisations de la société civile burkinabè, venues de plusieurs régions du pays, ont pris part à cette activité inscrite dans le cadre du projet « Plaidoyer pour un accès inclusif et équitable des OSC aux financements climatiques », mis en œuvre avec l’appui de la GAGGA (Global Alliance for Green and Gender Action).


Un contexte qui appelle à l’action

Le changement climatique frappe de plein fouet les pays en développement, et le Burkina Faso n’en est pas épargné. Face à l’ampleur des défis, les financements climatiques internationaux — au premier rang desquels le Fonds Vert pour le Climat (FVC) — représentent une ressource stratégique pour soutenir les actions d’adaptation et de résilience des communautés vulnérables.

Pourtant, un paradoxe profond persiste : les Organisations de la Société Civile (OSC), qui œuvrent au quotidien auprès de ces communautés, restent largement exclues de ces mécanismes de financement. Bien que l’intérêt des OSC pour le FVC soit croissant, très peu d’entre elles ont obtenu une accréditation, soumis des projets approuvés ou bénéficié directement de ce fonds. Procédures complexes, déficit d’information, faible collaboration avec les entités accréditées, manque d’accompagnement en mobilisation de ressources : les obstacles sont nombreux et structurels.

C’est précisément pour lever ces barrières que WEP Burkina a conçu et organisé cet atelier, avec la conviction qu’une stratégie de plaidoyer efficace est le levier indispensable pour transformer cette réalité.


Une ouverture sous le signe de l’engagement institutionnel

La cérémonie d’ouverture officielle a été présidée par le camarade Jean Paul BAMOGO, Autorité Nationale Désignée du Fonds Vert pour le Climat au Burkina Faso (AND/FVC). Sa présence a constitué un signal fort et porteur de sens : les organisations de la société civile ont leur place légitime dans les processus de décision et de mobilisation des financements climatiques. Elle a également traduit la volonté des institutions nationales d’accompagner une société civile plus compétente, mieux structurée et davantage outillée pour peser dans les négociations climatiques aux niveaux national et international.

WEP Burkina exprime sa profonde gratitude au camarade BAMOGO pour son engagement personnel et l’honneur accordé à cet atelier par sa présence.


Deux jours de travail, quatre axes prioritaires

L’atelier a reposé sur une méthodologie participative et rigoureuse, articulant présentations thématiques par des experts, échanges d’expériences entre participants et travaux de groupe. Quatre axes ont structuré les deux journées.

1. Maîtriser les techniques de négociation

Les participants ont été outillés pour influencer efficacement les décideurs et négociateurs, aussi bien au niveau national qu’international. Comprendre les logiques institutionnelles, construire des arguments solides, savoir porter ses positions dans des espaces formels de dialogue : autant de compétences désormais mieux ancrées au sein des organisations participantes.

2. Concevoir des stratégies de plaidoyer efficaces

Au-delà des bonnes intentions, le plaidoyer efficace repose sur une architecture précise : des messages clés adaptés aux différentes cibles, des canaux de communication bien choisis et des alliances stratégiques soigneusement construites. Les participants ont travaillé à la conception de leurs propres stratégies, en lien direct avec leurs réalités et contextes d’intervention.

3. Recueillir et structurer les points de plaidoyer des OSC

L’atelier a également été l’occasion de collecter et de formaliser les revendications prioritaires des OSC burkinabè en matière de financement climatique. Ces points de plaidoyer constituent désormais une base collective sur laquelle les organisations pourront appuyer leurs démarches auprès des institutions nationales et des mécanismes internationaux tels que le FVC.

4. Renforcer les réseaux et les partenariats stratégiques

Le changement d’échelle ne se fait pas seul. L’atelier a favorisé des échanges fructueux entre organisations paysannes, associations de défense des droits des femmes, groupes de personnes vivant avec un handicap et autres acteurs de l’environnement et du climat. Ces connexions sont le terreau de futures initiatives conjointes, de partages de bonnes pratiques et de positionnements communs dans les espaces de décision climatique.


Les femmes, actrices incontournables du financement climatique

Pour WEP Burkina, la question du financement climatique ne peut être dissociée de celle de l’égalité de genre. Les femmes et les filles sont en première ligne des effets du changement climatique : insécurité alimentaire, pénurie en eau, dégradation des terres, déplacements forcés. Elles portent une large part du fardeau quotidien de la crise climatique, tout en étant systématiquement sous-représentées dans les instances de décision et dans l’accès aux ressources financières.

Cet atelier a donc accordé une attention particulière à la participation des associations féminines et à l’intégration de la dimension genre dans les stratégies de plaidoyer des OSC. Pour WEP Burkina, inclure les femmes dans les processus de financement climatique n’est pas seulement une question de justice : c’est une condition de la pertinence et de l’efficacité même des actions climatiques.


Un projet, une vision

Cet atelier s’inscrit dans la dynamique plus large du projet « Plaidoyer pour un accès inclusif et équitable des OSC aux financements climatiques », porté par WEP Burkina avec l’appui de la GAGGA. Ce projet vise à transformer en profondeur la relation entre la société civile burkinabè et les mécanismes de financement climatique international, en dotant les OSC des outils, des réseaux et de la légitimité nécessaires pour y accéder et y contribuer pleinement.

Cet atelier marque une étape importante dans la reconnaissance du rôle des OSC comme partenaires incontournables dans la lutte contre les changements climatiques. En renforçant leurs capacités de plaidoyer, WEP Burkina contribue à amplifier la voix des communautés vulnérables et à promouvoir une gouvernance climatique plus équitable, plus participative et plus juste au Burkina Faso.

WEP Burkina réaffirme sa conviction profonde : une action climatique juste, inclusive et durable ne peut se construire sans les communautés, et sans les femmes qui les font vivre et les portent vers l’avenir.


Pour en savoir plus sur nos projets et nos actions, suivez WEP Burkina sur LinkedIn et Facebook, ou contactez-nous directement :
Tel : +22670234930
Mail : wepbf@wep-burkina.org

Dans la même rubrique